J’ai rencontré Marie à Bali et j’ai tout de suite aimé sa douceur, sa force tranquille, son sourire pétillant et sa finesse de réflexion. Marie a adopté un mode de vie digital nomade « slow travel », à savoir qu’elle passe en général six mois dans chaque destination. Je trouve ce rythme vraiment adapté à plusieurs égards : cela permet de se poser un peu et de trouver une forme de stabilité, mais aussi de découvrir vraiment la destination dans laquelle on pose ses valises, ses coutumes, son rythmes, ses habitants. Sans parler du fait que d’un point de vue écologique, c’est plus adapté aux enjeux ! Marie a un parcours assez atypique et c’est ce qui fait sa force : elle avance depuis toujours à la passion. A la fois graphiste, directrice artistique et spécialiste print, Marie travaille autant sur des projets design que sur la création d’objets de papeterie absolument ravissants avec des petits imprimeurs locaux, partout où elle passe ! Je vous laisse découvrir cette petite pépite et m’en dire des nouvelles. 

mariegatti

Salut Marie, peux-tu te présenter, qui es-tu ?

Hello moi c’est Marie ! Côté pro, je suis graphiste et directrice artistique nomade, travaillant en freelance depuis 2 ans maintenant. Je me suis spécialisée dans le design de marque et suis une grande passionnée de papier, d’illustration et d’impression (letterpress, risographie, sérigraphie) et je ne me déplace jamais sans mon Fuji xt10. 

Côté perso, vous me trouverez dans l’eau au milieu des coraux, ou en train de manger du chocolat en écoutant Elvis !

Peux-tu nous expliquer ton parcours

J’ai un parcours atypique car j’ai été bijoutière, serveuse, nounou et vendeuse. Plus tard, j’ai choisi de reprendre mes études et de devenir graphiste. 

J’ai travaillé en tant que directrice artistique pour une start-up web, puis pour un événement international artistique et culturel, avant de me lancer en tant que freelance. J’ai donc un profil 360 mais de spécialisation print.

Comment est venu ton changement de vie ?

J’ai toujours était très mobile, je suis partie de Bordeaux dès mes 15 ans afin de faire des études qui me passionnaient à l’autre bout de la France et ça ne s’est jamais vraiment arrêté depuis. 

J’ai vécu entre Paris et Lyon au fil de mes opportunités d’emplois et j’ai beaucoup voyagé sur du moyen terme pour nourrir ma créativité. Ça pouvait aller d’un Roadtrip photo de 2 mois aux État-Unis, à un stage de danse d’une semaine en Andalousie.

Après 2 ans et demi en CDI dans une ville que je connaissais par coeur, j’avais envie de changement et surtout d’ailleurs. Je manquais de challenges, c’est à ce moment là que j’ai décidé de tout quitter pour redevenir mobile et aller chercher de nouvelles opportunités de vie. J’étais aussi curieuse de voir si je pouvais m’internationaliser et j’avais l’envie de rencontrer des gens de mon domaine d’activité à travers le monde. 

roadtripmarie

Quelle est ta philosophie de vie par rapport au travail et à l’entreprenariat?

Adapter mon travail à mes projets de vie est pour moi, bien plus épanouissant qu’adapter ma vie à mes emplois ! Entreprendre ou développer un projet devient beaucoup plus réjouissant quand il fait sens avec tes passions ou tes valeurs. Ça peut paraître évident dit comme ça, mais ce n’est pas si facile à exprimer ou à mettre en place pour beaucoup de monde. 

De mon côté, la bonne humeur, l’inspiration et la productivité dépendent à 90% de l’environnement dans lequel je vis. C’est pour cela, que je suis bien plus efficace dans un rythme que j’ai choisi, où je peux déconnecter en me faisant plaisir (soleil, baignades, explorations). Ça me permet de rester ultra rigoureuse dans mon travail, de continuer à progresser et à développer mon expertise au même titre que si j’étais salariée.

Pourquoi avoir choisi le digital nomadisme ?

Honnêtement, je n’avais jamais eu l’envie de devenir freelance car j’ai toujours adoré le travail en équipe, l’appartenance à un projet et développer de nouvelles compétences. La précarité et l’incertitude ne me faisaient pas vraiment rêver…

Finalement, ça s’est un peu imposé à moi au moment où j’ai eu envie de choisir mes destinations de vie sans chercher à savoir si j’y trouverai un emploi.

En tant que graphiste, je peux tout faire sur des outils numériques et c’est ce qui m’a permis de travailler sur mes contrats en France tout en vivant à l’étranger. Ce qui me plait aussi beaucoup, c’est que je suis nomade pas seulement à l’étranger mais également en France. Je me déplace selon mes missions, et depuis deux ans je développe des projets à Nantes, Rennes, Bordeaux, Marseille, Paris… C’est génial de voir fleurir autant de diversité dans son activité !

Raconte nous l’histoire de j.s.f.d.v.m.a. ?

Mon métier est avant tout une passion et même si j’adore la partie digitale qui me permet d’être mobile, je suis très attachée au travail manuel et à la matière. 

En ce qui me concerne, être graphiste c’est aussi produire de l’objet imprimé (carterie, livres, affiches) et c’est pour ça que j’ai créé ma marque de papeterie à peu près au même moment où j’ai commencé à être freelance.

J’ai choisi mes destinations de nomade en fonction de cette passion et j’ai développé des séries de design dans chaque pays que j’ai traversé. 

L’idée était de créer et produire sur place en intégrant des ateliers ou en faisant des partenariats. Ensuite je proposais à la vente les micro-éditions que j’avais développées. C’était aussi une façon de créer autour du mode de vie nomade ainsi que de la ville ou du pays qui m’accueillait, une occasion de valoriser mes déplacements et mes aventures.

atelierCards Bali

Tu développes des partenariats localement là où tu voyages autour de j.s.f.d.v.m.a. Pourquoi est-ce important pour toi ? 

Rencontrer des passionnés d’objets imprimés à travers le monde était à l’origine de mon départ, tout comme apprendre des techniques artisanales. 

Il était donc essentiel de chercher à rencontrer les bonnes personnes une fois sur place et de créer ensemble, de partager. Ça représente la partie la plus fun, celle qui m’a permis de travailler sur de nouvelles machines dans un studio à Portland (USA), d’apprendre à fabriquer du papier Washi à Osaka (Japon), d’intégrer une communauté d’entrepreneurs à Chiang Mai (Thailand) ou de refaire vivre un atelier sur l’île de Java (Indonésie). 

Comment gères-tu l’aspect physique et stock avec un mode de vie digital et à distance ? 

Mes productions sont toutes conçues en séries limitées donc je n’ai pas de gros stocks. J’ai aussi des “petites mains“ qui m’aident dans certaines villes stratégiques, et puis il s’agit de petits objets, cartes, carnets, affiches, donc ça reste gérable. Mais j’avoue que ma valise perso est parfois bien plus petite que ma valise pro… 

Cards Japon

Quels sont tes conseils pour ceux qui voudraient se lancer comme digital nomade ?

Je dirais qu’il n’y a pas qu’une façon d’être digital nomade et qu’il ne faut pas avoir peur d’être dans un modèle que l’on n’a jamais vu ailleurs. Au contraire, sortez des schémas qu’on vous vend sur Instagram ! 

Beaucoup de personnes pensent qu’il faut absolument appartenir à tel ou tel corps de métier pour pouvoir être nomade mais je constate de plus en plus que ce n’est pas le cas. Les profils sont variés, tout autant que les personnalités. Soyez juste prêts à avoir des attaches un peu partout et nulle part à la fois… c’est la poésie de ce mode de vie.

Quelles leçons tires-tu de ton parcours ?

En ce qui concerne le nomadisme, j’ai très vite découvert que je préférais rester entre 3 et 6 mois dans les pays que je traversais. En dessous, je trouve ça trop frustrant car on n’a pas le temps de vivre, de travailler, de découvrir la culture, de s’intégrer, et d’explorer les alentours. Une saison, c’est pour moi l’idéal… 

Côté boulot, j’ai besoin de chercher un rythme qui me convient dans chaque endroit du monde, et une fois que je l’ai trouvé, tout peut arriver !

Le mot de la fin ?

Ma marque s’appelle j.s.f.d.v.m.a., c’est l’abréviation de « je suis fou de vous mon amour », une déclaration d’amour à mon métier, aux voyages et à la vie nomade.

 

Si tu veux en savoir plus sur la marque j.s.f.d.v.m.a. développée par Marie tu peux retrouver ses créations sur le site internet ou le compte Instagram de la marque. Par ailleurs, si tu souhaites contacter Marie tu peux le faire via son site internet ou son compte Instagram.

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