Le portrait de la semaine, c’est Stéphane, expert en UX design qui travaille pour une entreprise californienne 100% remote basée à Los Angeles depuis le Brésil. Diplômé en design, il commence à sa carrière à Paris au sein d’institutions comme Orange et Canal +.

Toujours dans la quête du “bon CV”, il part à Londres dont il se dit qu’un an d’expérience revient à en faire 5 à Paris. Mais les envies d’ailleurs se font sentir et Stéphane décide de faire un break de quelques mois à la découvertes d’autres cultures en Amérique Centrale. Ce voyage chamboule sa vision de la vie et du travail et le mène à choisir un mode de vie en rupture : UX designer nomade au Brésil. 

Comme il est écrit sur son profil instagram, Stéphane “fait de la musique & parfois du design”. Ou inversement. Ce passionné de bon son se cache aussi sous les traits de DUWI (prononcé [ˈdjuːi]) et emprunté a Dewey (de la série télévisée Malcolm – in the Middle). DUWI se defini lui-même de la sorte : i am just a kid… and i make music. 3 brothers: Francis, Reese, Malcolm (Jamie?). Then my dad started to sell drugs, but that is another story. If you’re looking for Afrobeat, Hip hop, Chill Electro, Reggae, let me be your vibe dealer.

Nous avons au cours de l’interview parlé de son parcours, son quotidien, sa vision du travail et notamment des différences culturelles liées à cette notion. L’interview s’est cette fois faite sous forme de podcast : je m’adapte à chaque fois aux souhaits de mes invités ! Retrouvez notre échange ci-dessous et sa retranscription écrite plus bas.

Le podcast : 

 

La retranscription écrite :

 

Bonjour Stéphane, tu es UX designer nomade, peux-tu te présenter rapidement ? 

Je m’appelle Stéphane, je vis au Brésil et je suis UX designer. UX correspond à « User Experience » et signifie que je prends soin des utilisateurs pendant l’expérience, autrement dit je définis quel parcours ils vont faire, etc. Je travaille depuis le Brésil pour une agence située à Los Angeles mais qui fonctionne en « remote ». La plupart des personnes avec qui je travaille sont dispersées à travers le monde : Europe, Asie, Colombie…

Tu es salarié d’une entreprise remote basée à Los Angeles. Comment vous vous organisez ? 

Le studio est plus ou moins basé à Los Angeles mais il n’y a en fait qu’une boite aux lettres. Tout le monde est en télétravail. On essaye d’être tous connectés entre 9h et 11h du matin heure de Los Angeles, ce qui implique d’être disponible très tard en Europe, dans l’après-midi quand je suis au Brésil, ou très très tôt à Bali ! Ce créneau commun est nécessaire pour bien se coordonner avec les différents corps de métiers. 

 

 

Quels outils utilisez-vous pour interagir, partager des documents, appeler les clients ? 

Evidemment, il faut toujours s’adapter aux clients. La plupart d’entre eux sont situés aux Etats-Unis, en Californie, à New York, mais nous avons aussi des clients internationaux. Pour que tout cela fonctionne, on utilise Slack, un réseau social professionnel. C’est comme un mini-Facebook, nous y partageons des documents, avons la possibilité de mener des conversations privées… On utilise aussi beaucoup les outils de Google (Gmail, Slide, Google Drive). Si je rentre dans mon domaine, on favorise des logiciels comme Figma qui permettent de tout avoir en ligne. Quand on travaille à plusieurs, on s’assure que chacun travaille sur la dernière version et non pas sur une version hors-connexion. Cela permet de ne jamais perdre le travail si jamais on rencontre des problèmes techniques. 

 

Quel a été ton parcours pour parvenir à créer ton propre chemin ? 

En fin de compte, mon parcours est assez similaire au tien. Je suis passé par de grandes institutions pour m’assurer de bonnes bases. En France, je suis passé par Orange ou Canal + pour avoir le bon CV. Je suis ensuite parti à Londres parce que je savais que dans mon domaine, on donnait leur chance aux jeunes et que ça permettait de prendre beaucoup d’expérience. A l’époque, il se disait que faire un an à Londres équivalait à faire 5 ans à Paris car les responsabilités étaient données rapidement. 

 

Au bout d’un moment, je me suis rendu compte que c’était un univers très fermé sur un entre-soi, complètement désinteressé de ce qui pouvait se passer dans d’autres parties du monde en terme de mode de vie, etc. Moi ça m’intéressait donc je suis parti en Amérique Centrale pour plusieurs mois et j’ai tout coupé. Cela ne m’intéressait pas de faire du travail à distance, d’autant plus qu’à l’époque ça n’existait pas du tout. J’ai fait du volontariat, des choses qui n’avaient absolument rien à voir avec le design, et j’ai énormément appris. Après cela, les finances se réduisent et il faut revenir en Europe pour remplir les caisses. Je suis retourné à Londres, en termes de job ça ne posait pas de problème, mais je n’ai pas pu. J’avais vu autre chose, d’autres modes de vie, et je ne pouvais pas retourner dans cette routine. 

 

Dans un premier temps, je suis parti en Argentine. J’ai fait barman, de la cuisine, de la peinture mais ça ne me permettait pas de bien gagner ma vie donc je suis retourné au design. J’ai commencé en Freelance sur des plateformes comme UpWork. La boîte avec laquelle je travaille maintenant m’a proposé un projet et finalement ça a bien accroché. Ils m’ont proposé dans un premier temps un mi-temps, jusqu’à un full time, une moyenne de 8h par jour. Ca fait de bonnes rentrées d’argent et c’est intéressant de travailler vraiment d’une autre manière. 

 

Tu as de grosses journées de travail, mais couplées à un mode de vie où la liberté prime. Quelle est ta journée type ? 

 

Idéalement, je me lève je vais me faire une session surf ou yoga. Le midi, je me fais une session boulot avant que tout le monde soit connecté, histoire de m’organiser. Ensuite les gens se connectent et on travaille ensemble. Après, je peux me refaire de la plage ou d’autres activités, et le soir je profite du lieu où je suis. 

En parlant avec des gens qui travaillent de cette manière, je me rends compte qu’ils sont encore plus efficaces dans leur boulot. Il n’y a pas tous les parasites du travail entre guillemet comme la pause café, l’instant rigolade avec les collègues parce qu’on est au même endroit. Là, la personne qui me paye pour 8h de travail, elle obtient 8h de travail parce que je suis rarement perturbé par autre chose. C’est quelque chose qui va se développer de plus en plus je pense. Après évidemment, c’est restreint à un certain nombre de métiers pour l’instant. 

 

Revenons sur ce concept de productivité. Le fait de travailler en remote ou en télétravail serait effectivement plus efficace, car il n’est pas jugé au présentiel mais au résultat. Cela remet le travail à sa juste place. 

 

Complètement et à partir du moment où tu prends du plaisir, tu es aussi beaucoup plus efficace, plus créatif. Sans parler du fait que changer de contexte c’est inspirant. Je ne vois que des bons côtés. 

 

Comment vois-tu cela évoluer ? Y aurait-il des freins ? 

J’imagine qu’il y a toujours ce principe d’institution qui fait que culturellement, il y a ce besoin de présentiel. Mais ça c’est très Français. Par exemple à Londres, à 17h, tout le monde s’en va. Personne ne reste tard au bureau parce que la perception que ça implique c’est que tu as été lent dans ta journée ou que tu es en retard. C’est négatif là où en France c’est bien perçu. 

C’est aussi générationnel j’ai l’impression. Notre génération a pris conscience que la vie ce n’était pas que le travail et qu’il fallait aussi ne pas s’oublier. Le télétravail c’est ça aussi, vivre là où tu as envie de vivre, toujours avec des projets intéressants mais sans s’oublier. 

Une vie équilibrée quoi. Je lisais justement que trouver son équilibre c’était mettre sur le même plan travail, spiritualité, amis / famille, relations amoureuses, sport et développement personnel. Je pense qu’effectivement tous ces aspects s’alimentent et c’est bénéfique dans le travail ! A Paris, tout le monde est « sous l’eau » ! 

 

 

 

Aurais-tu des conseils pour ceux qui veulent faire comme toi ? 

Au niveau du travail à distance, sauter le pas ! Ca me fait penser à quand je travaillais à Londres et que je voulais partir en Amérique Latine, j’ai acheté un billet impulsivement, et ça m’a obligé à partir. Si jamais ça ne marche pas, il y a toujours du bon à prendre, ça vaut le coup de tenter. 

Après je comprends que des gens ne se sentent pas de le faire, ce n’est pas toujours stable, parfois même avoir une bonne connexion WiFi et un peu de silence c’est compliqué.

Mon conseil c’est juste de sauter. 

 


Et au niveau de l’UX design ? 

Il y a pas mal de sites pour se former / se perfectionner. Cela passe beaucoup par la veille, avec des supports comme UX Mag par exemple. C’est très lié à l’usage, on comprend ce qu’il faut faire, ne pas faire. On fait beaucoup de tests dans l’UX, ça passe par l’expérience. Il y évidemment des écoles prestigieuses mais sorti du contexte français, on ne m’a jamais demandé mon diplôme. Il y a pleins de choses à apprendre en ligne et à essayer ! 

Finissons sur le Brésil : tu es tombé amoureux du pays. Parle-nous de ce coup de foudre ! 

J’ai choisi le Brésil mais en fait je l’ai ressenti comme si c’était le Brésil qui m’avais choisi. J’ai adoré à la seconde où j’y ai mis les pieds. Comme on dit ici, c’est une question de vibe, d’onde. Les gens sont chaleureux, ils sourient tout le temps. J’en parlait encore avec des Brésiliens hier, ici les gens sont pauvres, ils n’ont rien, mais ils sont tout le temps contents. Moi je trouve ça génial. On me parle souvent des plages et effectivement il y a des lieux incroyables ici et c’est gigantesque. Mais des paysages paradisiaques tu peux en trouver dans plein de pays, ce que j’aime ici c’est surtout les gens. Le portugais, en fonction des états, est complètement différent, il faut toujours réapprendre des nouveaux mots, j’adore apprendre, employer le bon mot au bon moment. 

 

 

 Les liens recommandés par Stéphane pour se documenter sur l’UX Design :

 

– http://boxesandarrows.com/ (bold)
– https://usabilitygeek.com/ (sweet)
– http://52weeksofux.com/ (cool stories, love it, read a lot before)
– https://uxdesign.cc/ (nice)
– http://uxmovement.com/ (simple & efficient, but can be challenged)
– https://designshack.net/ (but I guess you know)
– (sometimes good) https://www.mockplus.com/blog

Obviously :
– https://uxmyths.com/
– https://www.uxmatters.com/
– http://uxmag.com/

Bonus : https://newflux.fr/

 

Retrouvez ses bons sons pour ambiancer vos sessions boulot :

 

Disponible sur toute les platforme de streaming (deezer, Apple, GooglePlay, etc….)
Daddy’s drugs – album link

DUWI: profile page

 

Et suivez-le ou contactez-le par ici !

 

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